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La vie dans les tranchées
Une tranchée est un trou profond qui sert à se protéger. Les tranchées étaient creusées par les soldats d'abord à la pelle, puis ensuite par les machines. Les tranchées faisaient 2m50 de profondeur et 1 mètre de large. La vie dans les tranchées était terrible. On y trouvait des rats, des poux. Elles étaient souvent pleines de boue et de sang.
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Dans la tranchée, à l'entrée de la cagna, deux poilus mangent leur ration
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C'est la guerre ! Tommies dans la Somme en 1916.
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Le supplice des gaz
Ce récit est du lieutenant Ch. Leroy, du 59ème B-C-P- : « Dans la nuit du 20 août, nous sommes relevés du bois d'Avocourt par des troupes fraîches ; le bombardement redouble de violence, tout le secteur est couvert d'un brouillard épais de gaz ; celui-ci s'accumule surtout dans les boyaux et ravins que nous devons suivre. Le masque trop saturé est impuissant à nous protéger complètement; nos poitrines sont ravagées. Oppressés, nous nous dirigeons dans le boyau, à tâtons, sans voir, chacun tenant un bout de capote du camarade qui le précède. Bientôt, des gémissements se font entendre. On me fait passer : « On ne suit plus. Beaucoup tombent, épuisés, et ceux qui suivent comme des aveugles passent sur leurs corps. Les plus vaillants relèvent ces malheureux et les soutiennent de leur mieux pour les sortir de cet enfer. A deux reprises, dans le ravin de la Noue, où se termine le boyau, je dois, pour diriger mon peloton, enlever mon masque dont les lunettes sont couvertes de buée. Retenant ma respiration, je cherche à voir et retrouve enfin le prolongement du boyau, mais je suis pris de violentes nausées et ma poitrine est en feu. Je remets vite le masque et marche pendant quelques instants, soutenu par le chasseur Leduc, bientôt lui-même si gravement intoxiqué qu'il tombe et me supplie de le laisser mourir sur place. Je le relève et le soutiens à mon tour, et aussitôt sortir de ce maudit ravin, je laisse le boyau et donne l'ordre de marcher sur la plaine. Nous sommes en terrain découvert, mais qu'importe, si nous respirons mieux ? Tout l'effectif du bataillon est gazé; les plus atteints sont évacués, certains sont devenus aveugles ; d'autres, qui sont tombés sur la terre infectée, ont de graves brûlures sur les parties les plus intimes du corps. »
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La déshumanisation du combattant
Le caporal Charles Mangin, du 347ème RI, rapporte : « Au début de juin, nous occupions l'ouvrage de Thiaumont. Nous faisions comme nous pouvions pour nos besoins, car il ne nous était pas même possible de nous redresser pour uriner, sans nous faire repérer en face, à gauche et à droite. Le troisième jour, je dus faire dans ma culotte, ne pouvant remuer ni faire bouger mes hommes qui étaient serrés l'un contre l'autre dans une niche que nous avions creusée la nuit.
Infirmier Albert Houzieux, 251ème RI : le supplice des hommes et des bêtes " Le I0 août, nous tenions les lignes tout près des carrières d'Haudromont. Le coin était pourri de gaz. Beaucoup, gazés dans la nuit sans s'en apercevoir, se réveillaient au matin complètement aveugles. J'ai vu aussi bon nombre de chevaux devenus aveugles et demeurés là, sur le bled, seuls, sans rien à manger, hennissant pour appeler à l'aide, condamnés à mourir de faim, à moins qu'un obus secourable vînt les délivrer de la vie ".
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La boue
Le capitaine Paul Flamant du 33ème RI : « Nous vivons ici dans une boue immonde. Il tombe sans cesse des pluies diluviennes et, lorsque le soleil luit soudain, des mouches infectes bourdonnent sur le charnier humide où ont été creusés nos abris et nos tranchées. La glaise des boyaux est remplie de cadavres momifiés, allemands et français, qui se confondent avec la teinte neutre des choses, parmi les armes brisées et les épaves dont le sol de cette région est resté jonché depuis les furieux combats de 1916. Çà et là, une main crispée sort de terre ; un soulier chaussant un tibia apparaît à la suite de quelque éboulement. Nos hommes, indifférents, ou plutôt philosophes, y accrochent leurs bidons. » L'Historique du 30ème RI relate : « Nuit du 22 au 23 avril. - Le Ier bataillon du 30ème RI monte à l'attaque du ravin de la Dame. Il a plu, la boue a envahi tout le secteur. Cherchant un abri, un homme s'est jeté dans le boyau, et la boue est aussitôt montée jusqu'à sa ceinture. Il demande de l'aide ; deux hommes lui ont tendu leurs fusils ; deux fois, ils ont glissé et vite ils ont repris place dans la colonne qui passe tout près, sourde aux supplications de l'enlisé qui s'enfonce lentement, sans secours.
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Frères d'armes en mai 1918 Ces chiens, mascottes des soldats, étaient utilisés pour chasser les rats dans les tranchées.
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La soif
Jean Vergne, du 24ème RI : « ... Je n'ai pas faim, j'ai soif seulement. Le soir, on descend remplir les bidons à l'étang ; il y a des cadavres qui pourrissent dans cette eau, on sent un goût de vase en la buvant, elle dessèche la langue au lieu de rafraîchir et on boit encore, encore ; on a soif, on a soif. ( ... ) Il fait jour ; je constate que les parois de cette tranchée ne sont qu'un pâté de terre et de chair humaine avec mille débris d'antres et de vêtements. Cette terre a été tournée et retournée, les cadavres qu'elle contient ont été enterrés, déterrés, mis en morceaux et mêlés plusieurs fois.»
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Soldat cheminant dans un boyau à travers un paysage dévasté par les combats
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sons cette vision d'horreur et arrivons à une petite carrière où nous croisons une voiture fourragère dans laquelle se trouvaient empilés pêle-mêle une cinquantaine de corps d'artilleurs qu'on avait ramassés dans le bois. Le spectacle était tragique de voir cette voiture chargée à en craquer de victimes, grinçant et cahotant, laissant une traînée sanglante. »
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Cadavres et visions d'horreur
Du capitaine Albert Garnier, de la 52ème DI : « 2 Juin. - Ce que je vois est affreux. Les cadavres sont légion ; ils ne se comptent plus ; on marche sur les morts. ( ... ) Des mains, des jambes, des têtes et des cuisses coupées émergent de la boue et on est contraint de patauger là-dedans, car c'est encore dans ce méchant fossé à moitié comblé par endroits qu'on peut espérer se dissimuler un peu. Ici, un soldat est tombé à genoux ; il bouche le passage ; on lui grimpe sur le dos pour avancer ;
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Septembre 1915 à Maizy (Aisne). L'heure de la soupe à l'intérieur d'une cagna.
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à force de passer sur lui, on a usé ses vêtements, on marche sur sa peau.
Allamargot - Mabry 95ème RI « Nous dépassons Fleury et longeons le petit bois où était massée l'artillerie. De tous les côtés, on voyait des pièces désarticulées, des roues un peu partout, des corps empilés à califourchon les uns sur les autres, des obus non éclatés à foison, des chevaux éventrés, par grappes de six en quantité, un vrai cimetière... Nous dépas
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